Saddam Hussein

1.3 La dictature

1.3.1 Les caractéristiques de la dictature irakienne

Durant les 35 années de son pouvoir, Saddam Hussein utilise tous les moyens pour contrôler la population et régner sans partage. Comme dans les dictatures nazie et soviétique, la propagande est omniprésente à travers les différents médias et les affiches représentant le portrait du rais. La presse est censurée et la peur d'être arrêté paralyse les opposants. Le dictateur commanda un film au réalisateur égyptien Tawfiq Saleh intitulé Les Longs Jours : on y découvre un Saddam Hussein héroïque, qui tente d'assassiner le président Abdel Kerim Kassem, en 1959.

La prison d'Abou Ghraïb est symbolique de l'arbitraire du régime. Les témoins rapportent que les cellules étaient réduites à 4 mètres sur 6. Elles n'étaient pas dotées de l'eau courante et de toilettes. Les prisonniers, en grande partie des chiites, s'entassaient à plusieurs dans ces pièces sans confort. Certains furent exécutés pour "activités religieuses".

1.3.2 Non-intervention internationale

Sous la direction de Saddam Hussein, l'Irak devient une puissance régionale, en partie grâce aux revenus du pétrole, et au soutien à la fois des pays occidentaux et du bloc de l'est, mais il bénéficie aussi du soutien idéologique des partis socialistes affiliés à la IIe internationale, qui voient dans le parti Baas, un des porte-paroles d'une prise de conscience socialiste dans les pays du tiers monde, voulant se réapproprier leurs ressources énergétiques dans une démarche « progressiste » et « anti-colonialiste ».

Après la révolution islamique d'Iran qui isole diplomatiquement ce pays, l'Irak est perçu par l'Occident comme une force stabilisatrice pour la région, en fait un barrage territorial et humain, qui peut et va être utilisé pour barrer la route aux islamistes vers les richesses de la « corne arabique ».

L'Irak bénéficie alors d'un large soutien international, et des pays comme la France et les États-Unis (qui espéraient affaiblir le régime islamiste iranien et ainsi favoriser sa chute), lui fournissent en grande quantité armes et technologies, l'URSS restant toutefois le 1er fournisseur d'armement. Le Raïs, qui se prend pour le nouveau Saladin - qui était aussi né à Tikrit - et rêve de prendre la direction du monde arabe par la conquête militaire, est sacré champion de l'Occident. Les Nations Unies n'ont jamais enquêté sur les crimes de Saddam Hussein car il était impossible de violer les principe de souveraineté et de non-ingérence dans les affaires intérieures d'un état. Aucune aide internationale ne vint soutenir les victimes kurdes des gazages et de la politique d'extermination.

1.3.3 La guerre Iran-Irak

En septembre 1980, Saddam Hussein lance son armée contre l'Iran des mollahs, pour la conquête de trois objectifs :

  • occuper la totalité du Chatt-el-Arab (delta du Tigre et de l'Euphrate), le « fleuve des Arabes », qu'il avait dû partager avec l'Iran, par le traité de 1975 ;
  • faire du Khalidj al-Farsi, le Golfe persique, le Khalidj al-Arabi, le Golfe arabique, en chassant définitivement les Iraniens des îlots qui contrôlent l'accès au détroit d'Ormuz.
  • s'emparer de la province pétrolifère du Khouzistan, nommé par les nationalistes arabes, l'Arabistan.
  • Jusqu'en 1988, l'armée irakienne et son pays sont plongés dans une guerre longue et sanglante, et finalement sans beaucoup de résultats. Car sur tous ses objectifs, Saddam Hussein connaît un échec relatif, malgré l'aide massive apportée par l'Union Soviétique, la France et les émirats arabes, qui redoutent avant toute chose la victoire iranienne, et donc des chiites, alors que Saddam Hussein est sunnite. Au terme de huit années de guerre, l'Irak réussit à prendre pied sur la rive iranienne du Chatt-el-Arab, mais au prix d'un million de morts, de sa jeunesse sacrifiée. Durant ce conflit, l'Irak utilisa massivement et systématiquement des gaz lacrymogènes, vésicants et neurotoxiques.

1.4 Le génocide des Kurdes et la déportation

Le régime est l'auteur du massacre de plusieurs milliers de Kurdes (certaines estimations avancent le chiffre d'un million de morts), essentiellement dans le nord du pays. Dès 1963, la population kurde est persécutée et massacrée : 4 500 villages sont détruits, des mines antipersonnel sont dispersées dans la région et les terres agricoles sont dévastées. Pendant la guerre contre l'Iran, les Kurdes sont accusés d'être des "traîtres à l'Irak" et des "saboteurs", ce qui justifie le lancement de l'opération de l'Anfal. Elle aboutit à la disparition d'environ 100 000 personnes si l'on en croit les affirmations du cousin de Saddam Hussein, Ali Hassan al-Majid, surnommé "Ali le Chimique". Certaines associations de lutte pour les Droits de l'Homme parlent de "génocide". Le 16 mars 1988, 5 000 Kurdes meurent dans la ville de Halabja et les bombardements provoquent 30 à 40 000 contaminations.

La coalition américano-britannique a trouvé 259 charniers (288 fosses en 2005) contenant quelque 300 000 corps de personnes exécutées par le régime baassiste. Le 13 décembre 2004 a été découverte une fosse contenant près de 500 cadavres, dont ceux de femmes et d'enfants, dans les environs de Souleimaniya. À la suite de l'utilisation d'armes chimiques, deux millions de civils terrorisés, surtout kurdes, s'enfuient au printemps 1991 dans les pays voisins de l'Irak. Saddam Hussein réussit à vider ces régions et à les soumettre à sa dictature. Des milliers d'individus considérés comme "de sang impur" sont déportés, torturés ou massacrés à la frontière avec la Turquie et dans tout le pays.

1.5 L'Invasion du Koweït

En 1990, il décide l'invasion du Koweït. Les États-Unis et leurs alliés affichent alors leur opposition à cette annexion. L'ONU approuve la guerre du Golfe (1990-1991), qui se termine par une défaite de l'Irak. Cependant, les forces de la coalition préfèrent contenir le régime irakien, plutôt que de risquer de déstabiliser la région ; ainsi, Saddam Hussein reste en place. Un blocus économique est mis en place pendant douze ans, mais il échoua à renverser Saddam Hussein. Saddam Hussein mate les rébellions dans le sang et les gaz de combat (des hôpitaux sont rasés avec des tanks et les infirmières massacrées). Il conserve le pouvoir sur son peuple, mais le pays reste contrôlé par les forces de la coalition et l'ONU. Seul le Kurdistan irakien, dans la partie nord du pays, échappe à sa surveillance grâce à l'action militaire des États-Unis en faveur des rebelles.

Saddam Hussein a échappé à plusieurs tentatives d'attentat ou de renversement par la force.

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