Nicolae CEAUSESCU

La politique sociale mise en ouvre par Ceauþescu contribua à aggraver une situation relativement précaire. Obnubilé par une volonté d'augmenter l'effectif de la population roumaine, Ceauþescu se lança dans une politique nataliste contraignante, interdisant en 1966 par le décret 770, aussi bien l'avortement que la contraception et imposant de sévères restrictions aux modalités du divorce. La population augmenta en effet, mais au prix de l'abandon de milliers d'enfants par leurs familles incapables de subvenir à leurs besoins et placés dans des orphelinats d'État, mal gérés et où sévissait une mortalité infantile surélévée due aux manque chronique de soins et de médicaments. Ceauþescu se « distingua » également en refusant de reconnaître l'existence de malades du SIDA au sein de la population roumaine, en interdisant les tests de dépistage avant les collectes de sang, et en laissant utiliser, lors de transfusions sanguines faites sur des orphelins, des aiguilles non stérilisées, causant ainsi une forte contamination des enfants orphelins par le virus.

En 1978, le lieutenant général Ion Mihai Pacepa, vétéran de la Securitate (les services secrets roumains), fit défection et se réfugia aux États-Unis, portant un coup sévère au régime, contraignant Ceauþescu à revoir toute l'« architecture » de la Securitate. En 1986, Pacepa devait révéler, dans son livre Red Horizons: Chronicles of a Communist Spy Chief (1), divers détails sur le régime de Ceauþescu, tels sa collaboration avec des terroristes arabes, ses entreprises d'espionnage industriel aux États-Unis et ses efforts constants et élaborés pour obtenir le soutien des pays occidentaux.

(1) publié en France en 1988, sous le titre Horizons rouges (Paris : Presses de la Cité. 323 p.)
Le régime de Ceauþescu s'effondra après avoir ordonné aux forces armées et à la Securitate d'ouvrir le feu sur les manifestants anti-communistes dans la ville de Timiþoara le 17 décembre 1989. Les manifestations faisaient suite à la tentative d'expulsion, par le régime, de la rébellion qui se propagea à Bucarest, probablement aiguillonnée par la décision peu opportune de Ceauþescu d'y organiser un rassemblement de masse, censé confirmer le soutien populaire au régime. La manifestation se transforma en démonstration massive de protestation contre le régime. Le 22 décembre, les forces armées fraternisèrent « spontanément » avec les manifestants.

Peu après, selon la version officielle ultérieure, Nicolae et Elena Ceauþescu prirent la fuite du palais présidentiel en hélicoptère, prétendument en prenant en otage son pilote, menacé à l'aide d'une arme à feu. Prétextant que l'appareil aurait été ciblé par les radars anti-aériens, le pilote aurait alors posé son hélicoptère dans la campagne, à proximité des bâtiments d'une ferme. Ce serait ensuivie une fuite erratique du couple présidentiel, au cours de laquelle il aurait notamment été pris en chasse par des citoyens insurgés tentant de les arrêter, avant de parvenir à trouver un répit de courte durée dans une école. Ils auraient finalement été retenus prisonniers pendant plusieurs heures dans une voiture de police, les policiers restant dans l'expectative et écoutant la radio pour deviner dans quel sens le « vent » allait tourner, avant d'être livrés aux forces armées.

Le 25 décembre 1989, à la suite d'un « procès » expéditif rendu par un « tribunal » auto-proclamé (une cour martiale de complaisance), réunie à Târgoviþte, Nicolae Ceauþescu et Elena Petrescu, coupables de « génocide », étaient condamnés à mort et aussitôt fusillés dans la cour intérieure du « tribunal ».

De tous les « Pays de l'Est » ayant renversé le régime communiste après la chute du mur de Berlin au cours de l'automne et l'hiver 1989-1990, la Roumanie fut le seul où cette métamorphose se fit dans le sang.

En 1990, Ion Iliescu, dignitaire du régime communiste reconverti dans la démocratie « à l'occidentale », remporta la première élection présidentielle de l'ère post-communiste.

Nicolae Ceauþescu et Elena Petrescu avaient eu deux enfants : une fille, Zoia (née en 1950), et un fils, Nicu (né en 1951). Ils étaient par ailleurs parents adoptifs d'un troisième enfant, Valentin, recueilli avant la naissance des deux autres.

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