Augusto Pinochet Ugarte


Augusto José Ramón Pinochet Ugarte (né le 25 novembre 1915 à Valparaíso, Chili), militaire chilien ayant atteint le grade de général en 1970, il dirige le Chili de 1973 à 1990.

 

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Études
    • 1.2 Études militaires
    • 1.3 Carrière militaire
  • 2 Le chef de la junte militaire au pouvoir (1973-1990)
    • 2.1 Levée de l'immunité parlementaire
  • 3 Héritage
  • 4 Divers

Biographie

Études

Augusto Pinochet est né dans une famille modeste, descendant d'une famille française originaire de Bretagne arrivée au Chili au XVIIIe siècle. Sa première femme, Lucia Hiriart Rodriguez est quant à elle descendante d'immigrés basques français (famille Hiriart).

Il fait ses études primaires et secondaires au Seminario San Rafael à Valparaíso, à l'Institut Rafael Ariztía à Quillota et à l'école des Pères Français à Valparaíso.

Études militaires

En 1933, il entre dans une école militaire. Quatre années plus tard, il obtient le grade d'Alférez (second lieutenant) dans l'infanterie.

Carrière militaire

Il commence dès lors son service militaire et en septembre 1937, rejoint le régiment « Chacabuco » à Concepción avant d'obtenir le grade de sous-lieutenant en 1939.

En 1953, il devient commandant et il finit ses études de droit à l'université.

En 1970, Eduardo Frei (président du Chili de 1964 à 1970) le nomme général de brigade et en 1973 il est nommé général de division. Ami proche et frère en loge de Salvador Allende, celui-ci le choisit pour commandant en chef de l'armée chilienne alors que le pays est au bord de la guerre civile, fractionné entre les milices ouvrières de l'Unité populaire, favorables à Allende, contre groupes paramilitaires, soutenus par une partie de la société chilienne mais aussi, secrètement, par la CIA appelée en renfort des intérêts du groupe ITT dont les mines de cuivre avaient été nationalisées par le nouveau régime.

D'abord loyaliste, le général Pinochet se joint rapidement au complot qui débouche sur le Coup d'État du 11 septembre 1973 au Chili, pendant lequel le palais présidentiel (Palacio de la Moneda) fut bombardé avec des avions britanniques Hawker Hunter. Allende est tué et des milliers de ses partisans sont arrêtés, voire torturés ou tués.

Le chef de la junte militaire au pouvoir (1973-1990)

La junte militaire se choisit Pinochet comme chef qui reçoit immédiatement le soutien des conservateurs et de la majorité des démocrates chrétiens, lesquels s'attendent à récupérer le pouvoir exécutif (ils détiennent déjà la majorité au parlement). Mais Pinochet ne relache pas prise et il conservera le pouvoir jusqu'en 1990.

Il appelle les adeptes de Milton Friedman à sa rescousse pour redresser l'économie du pays. Pendant les premieres huit ans (et puis de 1984 à 1989) le taux de croissance dépasse alors les 8% alors que la classe moyenne se développe et que l'analphabétisation recule.

En 1980, il fait approuver par 67% des électeurs une nouvelle constitution qui lui accorde un mandat de 8 années en tant que président de la république.

En 1982 et 1983, l'économie stagne, l'inflation s'envole alors que la répression contre les opposants s'accentue.

En 1988, il demande un nouveau mandat par le biais d'un référendum. A cette occasion, tous les partis politiques peuvent s'exprimer. Soutenus par tout un nombre d'organisations internationales et de pays, le camp du non à Pinochet rassemble 53% des électeurs alors que le général n'en rassemble plus que 45 %.

Bon gré, mal gré, il organise alors la transition démocratique qui aboutit en mars 1990 à l'intronisation du démocrate chrétien Patricio Aylwin comme président de la république. Le Général Pinochet reste alors encore pendant sept ans chef innamovible des armées et en profite, à ce titre, pour parcourir le monde de la Chine à la Russie.

En 1990, la commission vérité et réconciliation rapporte que le régime du général Pinochet a fait près de 2279 morts et disparus alors que 130 mille personnes ont été arrêtés pour des raisons politiques.

En 1998, désormais sénateur à vie en tant qu'ancien président de la république, le général Pinochet se rend à Londres pour être hospitalisé. Il est alors mis en résidence surveillée suite à un mandat d'arrêt international émis par un juge espagnol.

Son assignation à Londres durera deux ans obligeant le gouvernement du Chili à réclamer sa libération.

De retour au pays, il est accueilli par des milliers de ses partisans à Santiago du Chili.

Cependant, des poursuites judiciaires sont engagées contre lui. Elles seront périodiquement annulées en fonction de l'état de santé du général Pinochet.

Levée de l'immunité parlementaire

Accordée en sa qualité d'ancien président, le général Pinochet bénéficie d'une immunité qui a été l'objet depuis 1998 de 300 plaintes pour violation des droits de l'homme.

En 2002, la Cour suprême invoque ses conditions physiques dues à une "démence modérée" pour absoudre Pinochet dans l'affaire dite des "Caravanes de la mort".

Le 26 août 2004, la Cour suprême du Chili décide de lever l'immunité parlementaire de Pinochet dans le cadre de l'enquête sur le Plan Condor. Ce plan concerté des dictatures sud-américaines avait été organisé en vue d'éliminer entre 1974 et 1980 les opposants politiques aux régimes militaires en place au Chili, en Argentine, en Bolivie, au Brésil, au Paraguay et en Uruguay. A cette occasion, la partie civile demande le rejet de l'argument de « démence » en déposant un rapport de trois psychiatres concluant à de bonnes conditions mentales après avoir décortiqué une interview accordée en novembre 2003 par l'ancien général à une télévision de Miami. En juin 2005, le général Pinochet est relaxé par la Cour d'appel de Santiago dans le cadre de la procédure judiciaire sur l'Opération Condor. Les recours déposés par les familles de victimes sont jugés «irrecevables». Cette relaxe est confirmée définitivement le 15 septembre 2005 par la Cour Suprême.

Dans une autre affaire, le 14 septembre 2005, la Cour suprême chilienne, par dix voix contre six, lève l'immunité du général Pinochet dans le cadre de l'enquête sur l'opération Colombo, pour laquelle il aurait couvert l'exécution de 119 membres du Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR) chilien dont les cadavres avaient été retrouvés en Argentine et au Brésil en 1975. Cette levée d'immunitée ne signifie pas l'inculpation du général car la Cour ordonne qu'il passe des examens médicaux avant son éventuel interrogatoire, dans le but de déterminer si sa condition physique lui permet d'affronter un procès. L'étape suivante le cas échéant, il restera à enregistrer la déclaration du général Pinochet et d'examiner l'existence de preuves le reliant aux crimes, afin d'envisager son éventuelle inculpation.

En fait, c'est un dossier de fraude fiscale concernant l'existence de comptes bancaires secrets de Pinochet et de sa famille aux États-Unis et dans les Caraibes, pour un montant de 27 millions de dollars, qui met davantage en émoi l'opinion publique chilienne que les accusations relevant d'activités criminelles. Quatre vingt dix pour cent de ces fonds auraient été acquis entre 1990 et 1998 quand le général Pinochet était chef des armées et proviendraient essentiellement de trafic d'armes (lors de l'achat de Mirage belges en 1994, de tanks Léopard hollandais, de chars suisse Mowag ou encore lors de la vente illégale d'armements à la Croatie, en pleine guerre des Balkans). Le général Pinochet devrait alors au fisc 16,5 millions de dollars. C'est dans cette affaire que l'immunité de Pinochet a été également levée par la Cour d'appel de Santiago et confirmée par la Cour Suprême le 19 octobre 2005. La procédure judiciaire peut ainsi continuer et éventuellement aboutir à un jugement du général Pinochet, de son épouse Lucia Hiriart et de l'un de ses fils, Marco Antonio Pinochet, poursuivis pour complicité. Cependant, le juge Juan Guzman Tapia -- surnommé le "tombeur de Pinochet" -- afficha son scepticisme sur la probabilité d'un procès que ce soit pour des atteintes aux droits de l'homme ou pour fraude fiscale. Toutefois, des examens médicaux conclurent que l'état de santé physique et mental de l'ancien dictateur lui permettait d'être jugé et le 23 novembre 2005, le juge Carlos Cerda l'inculpa pour fraude fiscale et ordonna son arrestation et son assignation à résidence. Mis en liberté sous caution ("sa liberté ne représentait pas un danger pour la sécurité de la société"), c'est néanmoins la quatrième fois en sept ans que Augusto Pinochet fait l'objet d'un mandat d'arrêt.

Héritage

Les chiliens restent divisés sur l'héritage des années Pinochet. Un tiers le considère comme un dictateur brutal ayant mis fin à la démocratie en légitimant la torture et les assassinats politiques alors qu'un autre bon tiers le considère comme un héros et lui sait gré d'avoir sauvé le pays du communisme, d'avoir transformé et modernisé l'économie chilienne, la plus pauvre du continent en 1973 en la plus performante et la plus riche en 1990. Enfin, un tiers des chiliens reste partagé entre la répulsion des exactions de la dictature et les réussites économiques qui ont profité à la nouvelle classe moyenne du Chili.

Mais par comparaison, les chiliens semblent moins partagés quant au bilan de la politique de Salvador Allende qu'ils jugent mauvais (pour plus de 50% des chiliens sondés en 1999 selon le quotidien conservateur El Mercurio, farouchement hostile à Allende).

Divers

  • Le couple Pinochet possède plus de quatorze résidences au Chili estimés pour un montant de 1,2 millions de dollars américains. Sa résidence principale est située 3796 Los Flamencos, dans le quartier résidentiel de Lo Barnechea à Santiago du Chili.
  • Le général russe Alexandre Lebed sera un temps surnommé le Pinochet Russe, à l'époque où, très populaire, il semblait être en position de prendre le pouvoir des mains de Boris Ieltsine
  • Pinochet est aussi le sobriquet d'Ousmane Issoufi Maïga, premier ministre du Mali.
  • Pinochet est membre honoraire du Rotary International.

 

 

Publié sous GNU Free Documentation License. "Augusto Pinochet." Wikipédia, l'encyclopédie libre. 21 juillet 2006, 14:35 UTC. 31 juillet 2006, 20:15 <http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Augusto_Pinochet&oldid=8822160>.

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